Pour la 2ème année consécutive, le Festival International de Magie fait étape sur sur l'île de la Réunion.
De nombreux spectacles seront présentés successivement dans quelques uns des plus beaux théâtres de l'île : Le Tampon, St Benoit, St Leu...
Après un petit imprévu et un retard de 24h pour le décollage, c'est l'embarquement dans un Boing 747 pour un voyage de 11h00.
C'est plus de 9 000 kilomètres que Gérard Souchet va parcourir pour partir de Rennes et rejoindre le reste de l'équipe du Festival sur cette île merveilleuse qu'est la Réunion.
Un spectacle pour cloturer la saison du Centre de Loisirs
Pour la seconde année consécutive, Gérard Souchet est allé présenter son spectacle aux nombreux enfants du CLSH de la ville d'Orgères, en Ille et Vilaine, à coté de Rennes, pour fêter le dernier jour du CLSH des grandes vacances
From Robert-Houdin to Robert Heller. Media in the “Second Sight Illusion”
Katharina Rein (Doctorante, Humboldt University)
La fin du XIXe siècle a vu émerger ce qui allait devenir l’électronique moderne et les médias de masse.
Mais cette période est aussi considérée comme l’âge d’or de la magie scénique.
Cette coïncidence n’est
pas le fruit du hasard puisque les magiciens ont très rapidement intégré les dernières innovations
technologiques à leur performance.
Parfois, les magiciens ont fait du dispositif technologique le coeur
même du spectacle, en faisant ressortir sa dimension extraordinaire ; parfois en occultant au contraire
le dispositif pour faire vivre au public une expérience « surnaturelle ».
Cette présentation est centrée
sur l’illusion dite de la « seconde vue » popularisée par Jean Eugène Robert-Houdin qui illustre
l’utilisation de la technologie dans la magie.
Tracing the topoi: Media Archaeology as Topos Study
Erkki Huhtamo (Professeur, University of California, Los Angeles)
Cette communication portera sur l’archéologie des médias en proposant une approche à la fois
théorique et historique du topos, une notion que le chercheur en études littéraires Ernst Robert
Curtius a transformée en un « outil » pour expliquer la récurrence des clichés et des lieux communs
dans la culture médiatique.
Erkki a appliqué cette idée à diverses formes médiatiques allant des « peep
media » et des panoramas en mouvement jusqu’aux médias mobiles.
Dans le cadre de cette
intervention, Erkki va définir son approche théorique, discuter les travaux de ses prédécesseurs et
démontrer comment ces éléments peuvent être appliqués à différents aspects de la culture médiatique.
Le but est d’identifier des topoi, d’analyser leurs trajectoires et évolutions, ainsi que d’expliquer les
« logiques » culturelles qui conditionnent leur « errance » à travers le temps et l’espace.
Les topoï sont
des dispositifs discursifs qui servent d’intermédiaires entre des thèmes, des formes et des jeux
fantastiques entre différentes traditions culturelles. Évidemment, ils sont aussi devenus des outils
pour les industries culturelles.
Sémiotique magique : le passage à la voix, pour une forme radicale de performativité
Libera Pisano (Post-doctorante, Université Humboldt)
Dans cette intervention Libera Pisan voudrais présenter les contours théorétiques d’une sémiotique de la magie,
entendue comme un dispositif de pouvoir basé sur la voix humaine.
La sémiotique magique est
complexe, car elle prend en compte trois niveaux différents : le caractère iconique de la parole, la
référence sémiotique et symbolique, l’évanescence de la voix.
Ce croisement permet de déplacer les
frontières de la performativité d’un concept sémantique à un concept sémiotique.
Cela concerne non
seulement les énonciations avec un sens précis, mais se prolonge au medium lui-même : au son de la
voix. Il y a une magie de la voix : elle traverse les obstacles, s’entend à distance et s’insinue en celui
qu’elle atteint.
En effet, quand les formules magiques sont prononcées, elles impliquent une
suspension et une extranéité du sens ordinaire, tout en conservant une performativité forte et efficace.
C’est précisément pour cette raison que Libera va tenter d’esquisser la médiation magique comme une
forme radicale et paradigmatique de la performativité et, en même temps, une forme archaïque du
pouvoir qui dérive de la voix de l’homme.
À quel moment peut-on constater — évaluer — une résonance entre photographie et « magie » ?
À la
charnière de son invention. Car l’idée de photographie précède son avènement dans le fantasme de
l’imagea-technique.
L’invention de la photographie correspond à la concrétisation d’un projet qui lui
est sous-jacent, d’un archétype archéologique : celui de l’image naturelle, achéiropoïète.
Le « dispositif
photographique », celui de la camera obscura, s’associe à un procédé chimique (la photosensibilité des
sels d’argent, substance « porte-ténèbres » connue depuis le XVIIIe) pour former
un ensemble permettant la fixation d’une image. D’un « projet photographique universel » s’exhume en
réalité un rapprochement tardif (fortuit) entre deux pans de la connaissance scientifique.
Cette
technologie en puissance, en train de se faire, reconduit le mythe de l’image naturelle par
l’intermédiaire du daguerréotype et inaugure alors « la logique nouvelle de l’image comme champ
spectaculaire, autonome, indépendant de toute relation à l’imprimé » (F. Brunet).
Performance sans performance. La magie entre art et technique
Thibaut Rioult (doctorant, ENS Ulm)
L’effet magique est la conjonction d’un phénomène et d’un cadre d’interprétation.
Mettre en scène et,
surtout, faire vivre au spectateur une expérience magique, nécessitent le recours aux deux
composantes essentielles de l’illusionnisme : l’art et la technique.
Ces deux dimensions trouvent leur
apogée en deux moments particuliers : celui de l’illusion et celui de l’émerveillement, que résume la
polarité invisible – visible. Chaque performance est alors mise en demeure de se positionner par
rapport au degré de visibilité de la dimension technique.
Ce couple peut être incarné par deux
magiciens télévisuels des années 70 : Gérard Majax qui anima le jeu télévisé Y a un truc (1975) et mit
l’accent sur le trucage et Jacques Delord qui s’occupa des Ateliers du magicien (1975) en insistant sur la
poétique magique.
Comment cette différence radicale de vue se traduit pratiquement ?
Quelles sont
les conséquences de ces orientations, d’abord dans le cadre spectaculaire, puis d’une manière générale
dans l’image et l’imaginaire de la magie qu’elles contribuent à forger ?